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CQFD n°12 et soutien
Ce Qu’il Faut Diffuser...
mardi 25 mai 2004, par
Du fichage ADN aux recalculés, du voile aux Lustucru, des faux-civils vrais mercenaires en Irak aux derniers délires télévisés de Philippe Val, des Chroniques d’un Barbare à celles d’un incarcéré résistant à la barbarie pénitentiaire... CQFD amène comme chaque mois dans ce n°12 sa livraison d’humour et d’infos bien carrées.
L’article sur les faux-civils vaut vraiment le détour, tant le mattraquage médiatique nous fait oublier les plus évidentes questions. Sur la même page, un avertissement de plus contre les méfaits de Philippe Val : la retranscription ahurissante d’une de ses interventions télévisées où le mouvement altermondialisation devient « les alternazis », car il critique la démocratie. Petit Père Philippe montrez nous la voie !
Jann-Marc Rouillan raconte un passage à l’hôpital Lyon-Sud, où escorté par une vingtaine de membres du GIGN, le docteur l’ausculte sans rien trouver à redire. Le même docteur hypocrite qui s’insurgera le soir, gorgé de bonne conscience, contre la situation des prisonniers de Guantanamo, alors qu’à Lyon, sous ses yeux...
Dans le même genre bons sentiments, citoyenneté et faux-culs, l’article sur la récupération (aisée) d’une partie de l’engagement lié à l’écologie et à la solidarité par les marchands (de canon) et la droite.
Côté démoralisation, on continue avec un papier sur le fichage ADN en cours d’une partie importante de la population, et dont Charles Hoareau (leader de la CGT Chômeurs à Marseille) a fait les frais, ce qui n’est pas bon signe pour celleux qui luttent au quotidien, et ne choisissent pas toujours les cartes postales et les pétitions pour contester. Surtout que le fichage concerne déjà deux millions de personnes. Arrivés là, on se demande si ce mois-ci, CQFD ne s’appelle pas Ce Qu’il Faut Déprimer... Après quelques dessins, l’interview efficace de Saïd Bouamama sur le voile, un ou deux textes bien sentis (l’ANPE de Bordeaux a l’air de valoir le détour) et enfin un photomontage toujours aussi délirant (hé, CQFD, ils sont passés où les autres ??), on peut replier le journal, satisfaits. On n’est pas tout seul à s’énerver contre la connerie du monde, et en plus y’en a des plutôt douéEs et marrantEs.
Sauf que... sauf que... en page deux, une petite rubrique pas bien grosse : « Ca brûle » (ah bon, vous aussi ?).
C’est un appel à soutien : pour faire un journal de qualité, il faut des thunes, du soutien, des abonnements, de la diffusion en kiosque... On n’hésite pas, car l’initiative de CQFD est rare et précieuse en France : faire exister un journal qui soit contestataire mais ni l’organe d’une organisation politique (d’où un second degré possible et fréquent), ni l’œuvre d’un Kim Il Sung autoritaire... mais celle d’un collectif rédactionnel très large.
Donc pour soutenir, et se faire plaisir du coup, on peut soit s’abonner, cf..., soit l’acheter en kiosque ... ou, au pire, venir l’acheter dans les librairies militantes qui le diffusent via la coopérative de diffusion Co-errances). Pour plus d’infos sur CQFD, découvrir leurs articles des précédents numéros, lire leur appel, on pourra consulter leur site... (Prévoir de couper le son, au bout de trois quatre vitres qui éclatent, c’est lassant :-).
Sinon, un article très intéressant sur CQFD est paru sur le site Acrimed.
